La stratégie vaccinale a été arrêtée par le Premier ministre, le 24 septembre 2009. Elle est fondée sur l'avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP). Elle repose sur le principe clairement évoqué dans l'avis et qui veut que « in fine, toutes les personnes qui désirent être vaccinées pourront l'être ».
Le Gouvernement a décidé de proposer la vaccination contre le virus A (H1N1) à l'ensemble des Français et a acheté 94 millions de doses de vaccin à quatre laboratoires, français et étrangers : GSK, Novartis, Baxter et Sanofi-Pasteur.
Le vaccin A(H1N1)2009 a bénéficié de la même procédure de production que celle utilisée pour les autres vaccins, notamment ceux contre la grippe saisonnière. Cette préparation, depuis l'isolement du virus pathogène jusqu'à sa fabrication et à sa mise sur le marché, obéit à un processus scientifique et administratif rigoureux validé par les autorités sanitaires internationales (OMS) et européennes (Agence européenne du médicament).
La commission européenne a autorisé les vaccins produits contre le virus A(H1N1)2009 par les laboratoires GSK, Novartis et Baxter. Il s'agit de trois des quatre fournisseurs retenus par le Gouvernement.
Les objectifs de la vaccination sont de trois ordres :
La vaccination est d'abord, sans aucun doute, le moyen le plus efficace de se protéger soi-même en acquérant une immunité durable face au virus ;
Elle est aussi un des moyens les plus sûrs de contribuer à la protection de son entourage, de ses proches, de ses collègues, en évitant de les contaminer. Or, ces proches peuvent, sans forcément d'ailleurs que nous le sachions, présenter des fragilités qui les rendent particulièrement vulnérables au virus ; les protéger est indispensable ;
Enfin, elle représente le moyen le plus efficace pour interrompre la circulation virale dans une population au niveau d'immunité très faible et ainsi casser la dynamique de la pandémie.
La vaccination est ainsi un élément de la réponse sanitaire à la pandémie, préventif et complémentaire d'autres mesures (traitement symptomatique des cas, isolement, port de masque anti-projections par les malades, hygiène des mains et autres mesures barrières, administration de traitements antiviraux lorsque c'est nécessaire).
L'intérêt de la vaccination réside aussi dans le fait qu'elle limitera les effets délétères de la pandémie sur l'activité économique (fortement contrainte en cas d'absentéisme élevé durant plusieurs semaines).
ANNEXE
Liste des populations à risque de complications lors d'infections par des virus grippaux
Mise en garde à propos de cette liste : elle ne se limite pas aux infections au virus A/(H1N1)v ; elle concerne également les sujets infectés par des virus grippaux saisonniers ; elle ne représente pas un ordre des facteurs de risque.
- Nourrissons de moins d'un an, en particulier ceux atteints d'une des pathologies suivantes8 :
dysplasie broncho-pulmonaire traitée au cours des six mois précédents par ventilation mécanique et/ou oxygénothérapie prolongée et/ou traitement médicamenteux continu (corticoïdes ; bronchodilatateurs ; diurétiques) ; cardiopathie cyanosante ou hémodynamiquement significative ; prématurés d'âge gestationnel < 32 SA ; mucoviscidose ; malformation des voies aériennes supérieures, des voies aériennes inférieures, malformation pulmonaire ou de la cage thoracique ; pathologie pulmonaire interstitielle chronique ; pathologie neuromusculaire ; anomalies acquises ou congénitales de l'immunité ;
- Enfants et adolescents (jusqu'à 18 ans) dont l'état de santé nécessite un traitement prolongé par l'acide acétylsalicylique ;
- Femmes enceintes, en particulier au 3ème trimestre [au vu de ce qui a été observé lors des pandémies antérieures et selon les données disponibles à ce jour concernant la grippe A/(H1N1)v]
Personnes, y compris enfants et femmes enceintes, atteintes d'une des pathologies suivantes :
affections broncho-pulmonaires chroniques, dont asthme, dysplasie broncho-pulmonaire et mucoviscidose ;
cardiopathies congénitales mal tolérées, insuffisances cardiaques graves et valvulopathies graves ;
néphropathies chroniques graves, syndromes néphrotiques purs et primitifs ;
accident vasculaire cérébral invalidant, formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie), épilepsie grave ;
drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalasso drépanocytose ;
diabète insulinodépendant ou non-insulinodépendant ne pouvant être équilibré par le seul régime ;
immunodépression y compris les transplantés, néoplasie sous-jacente et déficits immunitaires cellulaires, infection par le VIH, asplénies anatomiques ou fonctionnelles ;
obésité morbide9 [facteur de risque possible à ce jour pour les infections A/(H1N1)v];
alcoolisme avec hépatopathie chronique.
- Sujets de 65 ans ou plus [selon les données disponibles à ce jour concernant la grippe A/(H1N1)v, les sujets de plus de 65 ans sembleraient relativement moins sensibles à l'infection];
-Personnes séjournant dans un établissement de santé de moyen ou long séjour, quel que soit leur âge.
Les facteurs de risque de grippe grave ont été définis à partir des recommandations de l'AAP (American Academy of Pediatrics) et de celles de la Fédération Française des Pédiatres Néonatologues pour la prescription du Synagis®.
La définition admise pour une obésité morbide est un Indice de Masse Corporelle > à 40.
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